Après l’expertise

Entretenir sa maison après l’achat : le calendrier saisonnier de l’expert

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Entretenir sa maison après l’achat : le calendrier saisonnier de l’expert

La plupart des gros désordres commencent par un petit défaut que personne n’a surveillé : une gouttière bouchée, un joint fendu, une fissure qui s’ouvre. Un calendrier d’entretien saison par saison, construit à partir du rapport d’expertise, permet de les repérer tant qu’ils sont encore bénins.

1er réseau national d’expertise immobilièreExperts formés par l’OFIBRapport certifié sous 96h
Propriétaire nettoyant une gouttière remplie de feuilles mortes depuis une échelle en automne

L’essentiel

Entretenir sa maison, c’est surtout observer au bon moment : gouttières et chauffage à l’automne, condensation et gel en hiver, façades, toiture et fissures au printemps, sols argileux et végétation en été. Ajoutez les obligations annuelles (entretien de la chaudière, ramonage) et consignez tout dans un carnet qui part du rapport d’expertise.

Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Principe

Pourquoi un calendrier plutôt que des interventions au coup par coup

Parce que chaque partie du bâti a sa saison critique : en observant au bon moment, on repère un défaut quand il coûte quelques heures de travail, et non quand il a déjà endommagé la structure ou les finitions.

Une maison ne se dégrade pas d’un coup. L’eau d’une gouttière bouchée déborde pendant des mois avant de provoquer une tache dans le salon. Un joint de fenêtre fendu laisse entrer l’humidité bien avant que l’appui ne pourrisse. Une fissure s’ouvre de quelques dixièmes de millimètre chaque été avant de devenir préoccupante.

Entretenir, ce n’est pas faire des travaux en permanence. C’est surtout regarder les bons endroits au bon moment, faire les petits gestes qui évitent les gros chantiers, et savoir reconnaître ce qui nécessite un professionnel. Un calendrier organisé par saison rend cette vigilance simple : quelques heures réparties dans l’année suffisent souvent pour l’essentiel.

Ce calendrier prend tout son sens après un achat. Les travaux prioritaires de la première année, détaillés dans notre article sur l’ordre de priorité des travaux, remettent le bien en état. L’entretien saisonnier prend ensuite le relais pour le maintenir.

Carnet

Construire son carnet d’entretien à partir du rapport

Le rapport du bilan avant achat est l’état zéro de votre maison : reprenez ses photos et ses observations pour créer un carnet où chaque saison, vous comparerez l’état actuel à l’état initial.

Le rapport d’expertise décrit l’état de la toiture, des façades, des menuiseries, des équipements et des zones sensibles, avec des photos datées. C’est une référence précieuse : une fissure photographiée lors de la visite peut être comparée d’année en année, une tache d’humidité signalée peut être surveillée.

Créez un carnet simple, papier ou numérique, organisé par partie du bâti. Pour chaque élément, notez l’état initial d’après le rapport, la fréquence de contrôle, les interventions réalisées avec leur date et l’entreprise. Ajoutez les factures, attestations d’entretien et notices des équipements.

  • Toiture, zinguerie et évacuation des eaux pluviales.
  • Façades, enduits, fissures et pieds de murs.
  • Menuiseries extérieures et joints.
  • Chauffage, eau chaude, ventilation, conduits.
  • Plomberie, assainissement, réseaux enterrés.
  • Abords : terrain, végétation, regards, clôtures.

Ce carnet sera aussi utile en cas de revente : un acheteur et son expert apprécient un bien dont l’historique est documenté. Pour savoir ce que le rapport examine, consultez le détail des vérifications du bilan avant achat.

Construire son carnet d’entretien à partir du rapport
Automne

Automne : préparer la maison aux pluies et au froid

L’automne est la saison des gouttières, du chauffage et des conduits : nettoyez les évacuations après la chute des feuilles, faites entretenir la chaudière et ramoner les conduits avant la période de chauffe.

Les feuilles mortes obstruent gouttières, chéneaux et descentes au moment où les pluies reprennent. Un nettoyage après la chute principale, et un contrôle des crapaudines en tête de descente, évitent les débordements contre la façade. Vérifiez aussi que les regards de pied de descente ne sont pas bouchés et que l’eau s’évacue loin des murs.

C’est le moment de l’entretien du chauffage. Service-Public rappelle que les chaudières au fioul, au gaz, au bois, au charbon ou multicombustibles d’une puissance de 4 à 400 kW, ainsi que les pompes à chaleur, font l’objet d’un entretien annuel par un professionnel qualifié, qui remet une attestation (Code de l’environnement, articles R224-41-4 et suivants). Pour les cheminées et poêles, la même source indique que le ramonage est obligatoire au minimum une fois par an, et deux fois dans la majorité des départements : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de la préfecture.

Contrôlez enfin la ventilation avant de fermer les fenêtres pour l’hiver : entrées d’air dégagées, bouches d’extraction propres, grilles des pièces techniques non obstruées.

Chauffagiste réalisant l’entretien annuel d’une chaudière murale
Hiver

Hiver : surveiller la condensation, le gel et les tempêtes

En hiver, l’attention se porte sur l’intérieur : condensation sur les vitrages et dans les angles, aération quotidienne, protection des canalisations exposées au gel, et inspection visuelle après chaque coup de vent.

La condensation est le désordre typique de l’hiver. L’air chaud et humide de la maison se condense sur les surfaces froides : vitrages, angles de murs extérieurs, arrière des meubles plaqués contre une façade. Des moisissures dans ces zones signalent un manque de ventilation ou un pont thermique. Aérez quotidiennement quelques minutes, même par temps froid, et ne bouchez jamais les entrées d’air.

Les canalisations situées dans des locaux non chauffés, garages, vides sanitaires ou combles, et les robinets extérieurs craignent le gel. Purgez les robinets de jardin et protégez les tuyaux exposés.

Après une tempête, faites le tour de la maison depuis le sol : tuiles déplacées, faîtage abîmé, antenne arrachée, branches tombées. Si vous avez un accès sécurisé aux combles, montez y vérifier l’absence de traces d’eau sous la couverture. Ne montez jamais sur un toit vous-même : faites intervenir un couvreur.

Printemps

Printemps : faire le bilan de l’hiver sur l’enveloppe

Au printemps, faites le tour complet de l’enveloppe : toiture vue depuis le sol, façades, enduits, fissures, joints de menuiseries, abords et réseaux enterrés. C’est la saison idéale pour programmer les réparations extérieures.

L’hiver met l’enveloppe à l’épreuve : pluie, gel, vent. Au retour des beaux jours, examinez les façades à la recherche d’enduits décollés, de joints de pierre dégradés, de taches d’humidité en pied de mur. Le gel peut faire éclater des enduits ou des pierres gorgées d’eau. Repérez aussi les mousses et lichens sur les parties ombragées.

Reprenez vos fissures de référence : mesurez leur ouverture, comparez avec les photos du rapport et des saisons précédentes, notez le résultat dans le carnet. Contrôlez les joints des menuiseries extérieures et les mastics des vitrages, ainsi que l’état des peintures et lasures des boiseries.

Pour une maison équipée d’un assainissement non collectif, vérifiez le bon écoulement et l’absence d’odeurs ou de résurgences. Le printemps est aussi la bonne saison pour programmer un démoussage de toiture si un couvreur l’estime utile : évitez les nettoyages haute pression qui peuvent abîmer certaines tuiles.

Printemps : faire le bilan de l’hiver sur l’enveloppe
Été

Été : surveiller les sols argileux et la végétation

L’été, la priorité va aux terrains argileux : la sécheresse fait se rétracter le sol et peut provoquer ou aggraver des fissures. Surveillez-les, gérez les eaux et la végétation proches des fondations.

Le retrait-gonflement des argiles concerne une large part du pays : selon le SDES (2021, zonage BRGM), 48 % du territoire métropolitain est en exposition moyenne ou forte, soit 10,4 millions de maisons individuelles. L’été 2026, le plus chaud mesuré en France depuis 1900 d’après Météo-France, avec un déficit de pluie d’environ 40 %, a rappelé la sensibilité de ces sols.

Dans les terrains argileux, le sol se rétracte en période sèche et regonfle à la reprise des pluies. Ces mouvements différentiels sollicitent les fondations superficielles. Pendant l’été, contrôlez vos fissures plus souvent, notez toute porte ou fenêtre qui commence à frotter, et observez l’apparition de fissures en escalier ou en biais. Vous pouvez vérifier l’exposition de votre adresse sur Géorisques.

Évitez de planter des arbres à grand développement près de la maison et faites conseiller un professionnel avant d’abattre un arbre existant proche des fondations. Veillez à ce que les eaux pluviales ne s’infiltrent pas au pied des murs. Le site expertise-fissures-maison.fr approfondit ces mécanismes.

Sol argileux craquelé par la sécheresse au pied du mur d’une maison
Centre-Val de Loire

Points d’attention pour les maisons du Centre-Val de Loire

Pierre calcaire, enduits à la chaux et sols argileux sont fréquents dans la région : ils demandent des finitions perméables à la vapeur et une surveillance attentive des fissures après les périodes sèches.

Beaucoup de maisons anciennes de la région sont bâties en pierre calcaire, dont le tuffeau dans la vallée de la Loire, avec des enduits et joints à la chaux. Ces matériaux doivent pouvoir laisser migrer la vapeur d’eau. Un enduit ciment ou une peinture étanche appliqué lors d’une rénovation peut piéger l’humidité dans le mur. Lors de vos contrôles de printemps, surveillez les zones où l’enduit cloque ou se décolle.

Les données Géorisques consultées le 17 octobre 2026 montrent que plusieurs communes de la région ont connu des reconnaissances de catastrophe naturelle pour sécheresse : à Blois par exemple, des épisodes ayant débuté en 1989, 1991, 1992, 1993, 1996, 2005, 2011, 2018, 2019, 2020 et 2022. À cette date, aucune reconnaissance pour 2025 ou 2026 n’était listée pour les communes étudiées. Ces antécédents justifient une vigilance estivale sur les fissures.

Nos experts interviennent dans toute la région Centre-Val de Loire, notamment dans le Loir-et-Cher.

Récapitulatif

Les rendez-vous annuels et pluriannuels

Certaines tâches reviennent chaque année quelle que soit la saison, d’autres tous les quelques ans : notez-les dans votre carnet avec la date de la dernière intervention pour ne jamais les oublier.

Les fréquences pluriannuelles dépendent de l’exposition du bien, des matériaux et de l’usage. Fiez-vous aux notices des fabricants et à l’avis des professionnels qui interviennent.

  • Chaque année : entretien de la chaudière ou de la pompe à chaleur, ramonage des conduits utilisés, nettoyage des bouches de ventilation, test des détecteurs de fumée.
  • Une à deux fois par an : nettoyage des gouttières et regards, inspection visuelle de la toiture depuis le sol.
  • Chaque saison : relevé des fissures de référence, contrôle des traces d’humidité.
  • Tous les quelques ans selon l’exposition : lasures et peintures des boiseries extérieures, contrôle de la toiture par un couvreur, vidange de la fosse selon l’avis du professionnel.
Les rendez-vous annuels et pluriannuels
Alerte

Les signaux qui doivent faire appeler un professionnel

Une fissure qui s’élargit, une porte qui coince soudainement, une tache d’humidité qui s’étend, une odeur de gaz ou de brûlé, une trace d’eau sous la toiture : ces signes ne relèvent plus de l’entretien courant.

L’entretien courant a ses limites. Dès qu’un désordre évolue rapidement ou touche à la sécurité, il faut un professionnel. Une odeur de gaz impose de couper l’arrivée, d’aérer et d’appeler les services d’urgence. Une odeur de brûlé près du tableau électrique impose de couper le courant et de faire intervenir un électricien.

Pour les désordres du bâti, comparez toujours avec votre carnet et avec le rapport initial. Si le désordre est nouveau ou s’aggrave, documentez-le avec des photos datées et consultez notre article sur les premiers réflexes face à un défaut découvert après l’emménagement. Pour une question sur votre rapport, utilisez la page contact ou le 0 805 69 09 69 (appel gratuit, du lundi au vendredi de 9h à 19h). Le guide de l’expertise avant achat et nos tarifs présentent notre prestation.

Check my House

Faire réaliser un bilan avant achat

L’auteur

Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.

Le tarif

Bilan avant achat ou avant vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise avant achat.

Près de chez vous

Check my House intervient partout en France et notamment en Centre-Val de Loire : Indre, Cher, Loir-et-Cher et Loiret. Le détail des vérifications présente chaque point contrôlé.

FAQ

Questions fréquentes

L’entretien de la chaudière est-il obligatoire pour un propriétaire occupant ?

Service-Public indique que les chaudières au fioul, gaz, bois, charbon ou multicombustibles de 4 à 400 kW, ainsi que les pompes à chaleur, font l’objet d’un entretien annuel par un professionnel qualifié, qui remet une attestation. Les textes de référence figurent dans le Code de l’environnement. Conservez ces attestations dans votre carnet : elles documentent aussi l’historique de l’équipement.

Combien de fois par an faut-il ramoner une cheminée ?

Selon Service-Public, le ramonage des cheminées et poêles est obligatoire au minimum une fois par an, et deux fois dans la majorité des départements, dont une pendant la période d’utilisation. Il doit être fait par un ramoneur qualifié qui remet une attestation. Les règles locales peuvent varier : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de la préfecture.

Puis-je nettoyer moi-même mes gouttières ?

Oui, si elles sont accessibles depuis une échelle stable, correctement calée, et que vous travaillez à deux. Pour une maison à étage ou une toiture difficile d’accès, faites appel à un professionnel. Profitez du nettoyage pour vérifier l’état des fixations, des joints et des descentes. Ne marchez jamais sur la couverture.

À quelle fréquence mesurer une fissure surveillée ?

Une mesure à chaque changement de saison donne une bonne vision de son comportement, avec des relevés plus rapprochés pendant les périodes sèches ou très pluvieuses. Utilisez toujours le même point de mesure, un repère fixe et des photos datées. Si l’ouverture augmente d’une saison à l’autre ou si la fissure s’allonge, consultez un spécialiste.

Faut-il arroser le pied des murs en été sur un sol argileux ?

Il n’existe pas de recette universelle, et un arrosage mal conduit peut créer des variations d’humidité localisées. L’essentiel est de maîtriser les eaux pluviales, d’éviter les plantations à grand développement près des murs et de surveiller les fissures. Pour une maison sensible, demandez conseil à un spécialiste des sols ou à un expert en bâtiment.

Comment savoir si la ventilation de ma maison fonctionne bien ?

Vérifiez que les entrées d’air des pièces principales ne sont pas obstruées, que les bouches d’extraction des pièces humides aspirent bien et qu’elles sont propres. Une feuille de papier légère maintenue contre une bouche donne une indication simple. Des vitrages ruisselants, des moisissures dans les angles ou une odeur de renfermé signalent souvent une ventilation insuffisante.

Le démoussage de la toiture est-il indispensable ?

Il dépend de l’exposition et du matériau de couverture. Des mousses importantes retiennent l’humidité et peuvent soulever les éléments. Un couvreur saura dire si un traitement est utile et quelle méthode employer. Les nettoyages haute pression peuvent abîmer certaines tuiles : préférez l’avis d’un professionnel à une intervention systématique.

Que noter dans un carnet d’entretien ?

Pour chaque partie du bâti : l’état initial selon le rapport d’expertise, la date de chaque contrôle, vos observations, les interventions réalisées avec le nom de l’entreprise, les factures et attestations. Ajoutez les relevés de fissures et les photos datées. Ce carnet facilite le suivi, rassure un futur acquéreur et constitue une preuve utile en cas de sinistre.

Que faire en cas d’odeur de gaz dans la maison ?

Ne manipulez aucun interrupteur ni appareil électrique, n’allumez pas de flamme, ouvrez les fenêtres, coupez l’arrivée de gaz si vous le pouvez, sortez du logement et appelez les services d’urgence ou le numéro d’urgence de votre distributeur depuis l’extérieur. Faites ensuite vérifier l’installation par un professionnel avant toute remise en service.

L’entretien régulier a-t-il un effet en cas de sinistre ?

Un bien entretenu et documenté est plus simple à défendre auprès d’un assureur ou d’un tiers : vous pouvez montrer que le désordre ne résulte pas d’un défaut d’entretien. Les conditions de prise en charge dépendent de votre contrat d’assurance. Conservez factures, attestations et photos datées dans votre carnet, et relisez les exclusions de votre contrat habitation.

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Partir d’un état des lieux fiable

Le rapport de nos experts décrit l’état de chaque partie du bâti : la meilleure base pour votre carnet d’entretien. Appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit).


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