Les travaux de la première année après l’achat : l’ordre de priorité de l’expert
Les clés en main, la liste des travaux paraît sans fin et chaque pièce réclame son chantier. Un expert en bâtiment raisonne autrement : d’abord la sécurité, puis le clos et le couvert, ensuite les causes d’humidité, et seulement après le confort et les finitions.
La première année, traitez dans cet ordre : la sécurité des personnes (électricité, gaz, chutes), la mise hors d’eau (toiture, évacuation des eaux pluviales, menuiseries), les causes d’humidité et la ventilation, la surveillance des désordres structurels, le chauffage avant l’hiver, puis l’énergie. Les finitions viennent en dernier, pour ne pas être abîmées par les travaux précédents.
Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
La logique de l’expert : protéger avant d’embellir
Un ordre de travaux se construit à l’envers de l’envie : on commence par ce qui menace les occupants et le bâti, on termine par ce qui se voit, car chaque étape mal ordonnée risque de détruire la précédente.
Après un achat, l’énergie et le budget vont spontanément vers ce qui change le quotidien : cuisine, salle de bains, peintures, sols. C’est humain, mais c’est souvent l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Une salle de bains refaite sous une toiture qui fuit, des peintures neuves sur un mur humide ou un parquet posé avant la reprise de l’électricité finiront abîmés.
L’expert en bâtiment raisonne par couches. La première protège les personnes : risque électrique, gaz, chutes, intoxication. La deuxième protège le bâtiment de l’eau : toiture, évacuation des eaux pluviales, menuiseries. La troisième traite les causes d’humidité intérieure et la ventilation. Viennent ensuite la structure, les équipements, l’énergie, et enfin les finitions.
Le rapport de votre bilan avant achat classe déjà les désordres par niveau d’urgence. Il constitue la meilleure base pour bâtir ce planning. Si vous ne l’avez plus sous les yeux, relisez-le avant de signer le moindre devis : la première année se joue sur cette hiérarchie.
Sécurité des personnes : ce qui ne peut pas attendre
Tout ce qui expose les occupants à un risque immédiat se traite avant ou dès l’emménagement : installation électrique dangereuse, appareil à combustion douteux, garde-corps défaillant, escalier ou plancher fragilisé.
Les diagnostics remis lors de la vente et le rapport d’expertise signalent les anomalies électriques et les installations de gaz anciennes. Une anomalie présentant un danger immédiat ne doit pas attendre la fin des cartons. L’intervention d’un électricien avant l’emménagement est souvent plus simple : pièces vides, accès facile aux gaines et aux boîtiers.
Les appareils à combustion méritent la même attention : chaudière, poêle, insert, conduits de fumée. Faites-les vérifier et entretenir par un professionnel avant la première utilisation, et assurez-vous que les ventilations hautes et basses ne sont pas obstruées. Un conduit fissuré ou non tubé signalé dans le rapport doit être traité avant l’hiver.
- Mise en sécurité des anomalies électriques signalées comme dangereuses.
- Vérification et entretien des appareils à combustion et des conduits.
- Contrôle des garde-corps, rambardes, escaliers et trappes d’accès.
- Installation de détecteurs de fumée si le logement n’en est pas équipé.

Le clos et le couvert : mettre le bâtiment hors d’eau
Une maison qui prend l’eau se dégrade vite : la toiture, les solins, les gouttières, les descentes et les menuiseries défaillantes passent avant tout aménagement intérieur.
L’eau est le premier ennemi d’un bâtiment. Une infiltration en toiture mouille l’isolant, fait pourrir les bois de charpente et tache les plafonds. Une gouttière qui déborde sature le pied de mur et alimente l’humidité des pièces en rez-de-chaussée. Une fenêtre qui laisse passer l’eau abîme les appuis et les doublages.
Si le rapport signale des tuiles déplacées, un faîtage dégradé, un solin décollé ou une zinguerie percée, ces réparations figurent en tête de liste. Elles sont souvent modestes comparées aux dégâts qu’elles évitent. Les délais d’intervention des couvreurs pouvant être longs, consultez-les dès la signature de l’acte, voire avant à partir du rapport, comme expliqué dans notre article sur les devis comparables.
Les menuiseries extérieures relèvent aussi du clos. Un remplacement complet peut attendre si elles restent étanches ; une fenêtre pourrie ou une porte qui ne ferme plus, non.
Humidité et ventilation : traiter les causes avant les murs
Avant toute reprise d’enduit ou de peinture, supprimez les apports d’eau identifiés par l’expert et rétablissez une ventilation suffisante : sans cela, l’humidité reviendra sous les finitions neuves.
L’humidité intérieure a presque toujours une ou plusieurs causes identifiables : eaux pluviales mal évacuées, enduit ou peinture étanche qui empêche un mur ancien de respirer, absence d’aération, fuite sur un réseau, condensation liée au mode d’occupation. Le rapport d’expertise décrit les causes probables observées lors de la visite.
L’ordre est essentiel. On traite d’abord la cause extérieure (gouttières, pente du terrain, regards), puis on rétablit la ventilation (entrées d’air, extraction dans les pièces humides), et seulement ensuite on reprend les murs, parfois après un temps de séchage. Un traitement curatif appliqué sans avoir supprimé la cause ne sert à rien.
Méfiez-vous des solutions vendues comme universelles avant toute analyse de la cause. Les experts de Check my House ne vendent ni travaux ni produits de traitement, ce qui leur permet de décrire la cause sans parti pris. Pour approfondir le sujet, le site du réseau expertisehumidite.fr détaille les mécanismes d’humidité.

Désordres structurels : observer avant d’intervenir
Une fissure ou une déformation signalée dans le rapport ne se traite pas forcément la première année : l’expert recommande souvent d’abord une surveillance pour savoir si le désordre évolue, et parfois une étude spécialisée.
Les fissures inquiètent, mais elles n’appellent pas toutes une intervention immédiate. Certaines sont stabilisées et anciennes, d’autres traduisent un mouvement en cours. La distinction est capitale : réparer une fissure active sans traiter sa cause revient à la voir réapparaître.
Si le rapport recommande une surveillance, notez la date, mesurez l’ouverture et photographiez la fissure avec un repère. Refaites l’opération à intervalles réguliers, en particulier après les périodes sèches ou très pluvieuses. Si elle s’élargit, s’allonge ou si de nouvelles apparaissent, faites intervenir un spécialiste. Le site expertise-fissures-maison.fr explique comment lire ces évolutions.
Les désordres de charpente suivent la même logique : un bois attaqué ou une pièce déformée signalé dans le rapport doit être examiné par un charpentier, qui dira si un renfort est nécessaire à court terme ou si une surveillance suffit.
Chauffage et réseaux : être prêt avant l’hiver
Le système de chauffage, la production d’eau chaude et les réseaux de plomberie doivent être fiables avant la saison froide : une panne en hiver se répare dans l’urgence et souvent au prix fort.
Si l’achat a lieu au printemps ou en été, vous disposez de quelques mois pour faire entretenir la chaudière, purger et équilibrer les radiateurs, vérifier les organes de sécurité du ballon d’eau chaude. Si le rapport signale un générateur en fin de vie, c’est le moment de réfléchir à son remplacement, plutôt que de le subir en plein hiver.
Les réseaux d’eau méritent un contrôle : fuites sur les canalisations apparentes, robinets d’arrêt grippés, évacuations lentes. Pour une maison en assainissement non collectif, les observations du rapport et les éventuels documents du contrôle remis à la vente indiquent si des travaux sont nécessaires.
Ne remplacez pas un système de chauffage sans avoir réfléchi à l’isolation : un générateur dimensionné pour une maison mal isolée sera surdimensionné après travaux. C’est tout l’enjeu de l’étape suivante.

L’énergie : planifier plutôt que tout faire tout de suite
La rénovation énergétique s’inscrit dans la durée : la première année, on traite les postes simples et rentables, comme l’isolation des combles perdus, et on prépare un programme cohérent pour la suite.
Une fois le bâtiment sain et hors d’eau, l’amélioration énergétique devient pertinente. Certains travaux sont simples à mener rapidement, comme l’isolation de combles perdus accessibles ou le calfeutrement des menuiseries. D’autres, comme l’isolation des murs ou le changement de mode de chauffage, demandent une réflexion d’ensemble.
Les aides publiques exigent en général que la demande soit déposée avant le démarrage des travaux et que ceux-ci soient confiés à une entreprise RGE. France Rénov’ propose un accompagnement gratuit par des conseillers, joignable au 0 808 800 700 selon Service-Public. Notre article sur la rénovation énergétique après l’achat détaille l’ordre à respecter.
Les finitions en dernier, et pourquoi
Peintures, sols, cuisine et salle de bains viennent en fin de parcours, une fois les réseaux repris et les murs secs : c’est la seule façon de ne pas les refaire deux fois.
Refaire les peintures avant de reprendre l’électricité oblige à saigner les murs neufs. Poser un parquet avant de remplacer les canalisations en dalle impose de le déposer. Installer une cuisine sur un mur humide expose les meubles à la moisissure. Les finitions sont la dernière couche, et elles doivent l’être aussi dans votre planning.
Rien n’empêche de rendre une pièce agréable rapidement : un rafraîchissement léger dans une chambre saine ne pose pas de problème. L’important est de ne pas engager de travaux de finition lourds dans les zones où des interventions techniques restent à faire. Gardez une vision par pièce et par réseau pour éviter les conflits.

Organiser l’année et garder une trace de tout
Établissez un planning simple sur douze mois à partir du rapport, regroupez les interventions par zone, et conservez devis, factures et attestations d’assurance dans un dossier unique.
Conservez chaque facture et chaque attestation d’assurance. Service-Public rappelle qu’après la réception des travaux, la garantie de parfait achèvement court un an, la garantie de bon fonctionnement deux ans pour les équipements dissociables, et la garantie décennale dix ans pour les dommages graves. Sans ces documents, faire jouer une garantie devient compliqué.
Pour l’entretien courant qui prend le relais, consultez notre calendrier saisonnier d’entretien. Si vous préparez un achat, par exemple dans l’Indre, le détail des vérifications montre ce que le rapport vous apportera. Pour toute question, la page contact et le 0 805 69 09 69 (appel gratuit, du lundi au vendredi de 9h à 19h) sont à votre disposition, et les conditions figurent sur nos tarifs.
- Avant l’emménagement : mise en sécurité, électricité, travaux salissants dans les pièces vides.
- Premiers mois : mise hors d’eau, évacuation des eaux pluviales, ventilation.
- Avant l’hiver : chauffage, eau chaude, isolation simple.
- Au fil de l’année : surveillance des fissures, programme énergétique, finitions.
Faire réaliser un bilan avant achat
L’auteur
Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.
Le tarif
Bilan avant achat ou avant vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise avant achat.
Près de chez vous
Check my House intervient partout en France et notamment en Centre-Val de Loire : Indre, Cher, Loir-et-Cher et Loiret. Le détail des vérifications présente chaque point contrôlé.
Questions fréquentes
Faut-il faire les travaux avant d’emménager ou en habitant la maison ?
Les travaux salissants, bruyants ou qui touchent les réseaux sont bien plus simples dans un logement vide : électricité, plomberie encastrée, ponçage, démolition de cloisons. Si votre calendrier le permet, quelques semaines entre la remise des clés et l’emménagement font gagner du temps et de l’argent. Les travaux extérieurs, eux, peuvent se dérouler une fois installé.
Mon budget ne permet pas tout la première année : que reporter ?
Reportez ce qui relève du confort et des finitions, ainsi que les remplacements d’éléments encore fonctionnels. Ne reportez pas la mise en sécurité, l’étanchéité ni le traitement des causes d’humidité, car ces désordres s’aggravent et coûtent plus cher avec le temps. Le classement par urgence du rapport d’expertise vous aide à faire ce tri sans arbitraire.
Une fissure signalée dans le rapport doit-elle être réparée tout de suite ?
Pas nécessairement. Si l’expert l’a jugée stabilisée ou a recommandé une surveillance, commencez par observer son évolution en la mesurant et en la photographiant régulièrement. Une réparation n’a de sens qu’une fois la cause connue et maîtrisée. Si la fissure évolue, faites appel à un spécialiste avant toute intervention sur les enduits.
Par quoi commencer quand la toiture et l’électricité posent toutes deux problème ?
Par ce qui présente un danger immédiat pour les personnes, puis par l’étanchéité. Une anomalie électrique dangereuse se traite avant d’habiter. Une infiltration active se traite le plus vite possible pour éviter qu’elle n’endommage l’isolant, la charpente et les plafonds. Dans la pratique, les deux chantiers peuvent souvent être menés en parallèle par des entreprises différentes.
Faut-il refaire l’isolation avant de changer le chauffage ?
C’est l’ordre logique. Un système de chauffage se dimensionne en fonction des besoins du logement. Si vous isolez après avoir remplacé la chaudière ou installé une pompe à chaleur, l’équipement risque d’être surdimensionné. Lorsque le générateur est en panne et doit être remplacé en urgence, faites-vous conseiller sur un choix compatible avec une isolation future.
Comment savoir si l’humidité d’un mur est réglée avant de repeindre ?
Attendez d’avoir traité la cause identifiée et laissé le mur sécher, ce qui peut prendre plusieurs semaines voire davantage selon l’épaisseur et la saison. Observez l’absence de nouvelles taches, de salpêtre ou d’odeur de moisi. En cas de doute, un professionnel peut mesurer l’humidité. Utilisez ensuite des finitions compatibles avec le support, perméables à la vapeur pour un mur ancien.
Les travaux de la première année peuvent-ils bénéficier d’aides ?
Certains travaux de rénovation énergétique peuvent ouvrir droit à des aides, sous conditions. La demande doit en général être déposée avant de commencer et les travaux confiés à une entreprise RGE. Renseignez-vous auprès d’un conseiller France Rénov’ au 0 808 800 700, un service gratuit selon Service-Public, avant de signer vos devis.
Que faire si un nouveau désordre apparaît après l’emménagement ?
Documentez-le immédiatement par des photos datées, puis comparez avec le rapport d’expertise pour savoir s’il était signalé. Un désordre nouveau ou plus grave que prévu mérite l’avis d’un professionnel. Notre article sur les défauts découverts après l’emménagement détaille les premiers réflexes, notamment vis-à-vis de l’assureur et du vendeur.
Dois-je conserver les factures des travaux réalisés ?
Oui, toutes, avec les attestations d’assurance des entreprises. Elles sont indispensables pour faire jouer les garanties légales après réception : parfait achèvement, bon fonctionnement, décennale. Elles constituent aussi l’historique du bien, utile pour l’entretien et pour une future revente, où l’acheteur et son expert les demanderont certainement.
Faut-il un maître d’œuvre pour coordonner les travaux de la première année ?
Pour quelques interventions indépendantes, une coordination personnelle suffit, à condition de respecter l’ordre logique. Quand plusieurs corps de métier interviennent dans les mêmes pièces, ou pour des travaux touchant la structure, un maître d’œuvre évite les erreurs d’enchaînement et suit l’exécution. Le rapport d’expertise reste alors le document de départ.
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