Petites tuiles plates ou ardoise : les toitures traditionnelles du Centre-Val de Loire
Petites tuiles plates brunes dans les campagnes, ardoise bleutée sur les bourgs et le long de la Loire : les toits du Centre-Val de Loire racontent l’histoire du bâti. Pour l’acheteur, chaque matériau a ses faiblesses propres, qu’il faut savoir reconnaître depuis le sol et depuis les combles.
Une couverture traditionnelle en petites tuiles plates ou en ardoise peut durer très longtemps si elle est entretenue et si la charpente qui la porte est saine. Avant l’achat, on vérifie l’état des éléments de couverture (tuiles gélives ou glissées, ardoises fendues, crochets rouillés), les points singuliers (faîtages, rives, solins, noues, lucarnes), la zinguerie et l’état des bois visibles dans les combles.
Article rédigé par Laurent Hojan, fondateur de Check my House. Un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Deux matériaux, souvent voisins dans un même village
Dans le Centre-Val de Loire, la petite tuile plate en terre cuite et l’ardoise naturelle se côtoient : selon les secteurs, les époques et le statut des bâtiments, on trouve l’une, l’autre, ou les deux sur une même propriété.
L’atlas des paysages du Loir-et-Cher note qu’en Sologne l’ardoise se mêle à la tuile plate sur de nombreux bâtiments. Le diagnostic du SCoT du Pays de La Châtre en Berry décrit, sur ce territoire de l’Indre, des maisons de bourg couvertes d’ardoise. Dans le Val de Loire, l’association de la pierre de tuffeau et de l’ardoise est très répandue, tandis que la petite tuile plate domine dans de nombreuses fermes et dépendances.
Ces deux matériaux ont un point commun : ils exigent des pentes de toit soutenues et une pose à recouvrement, éléments par éléments. Ils diffèrent par leur mode de fixation, leur vieillissement et leurs défauts typiques. Savoir les distinguer est la première étape.
Une même propriété peut ainsi présenter un logis en ardoise, une grange en tuiles plates et un appentis en plaques ondulées. Chaque couverture doit être examinée séparément. Pour une longère ou un corps de ferme du Berry, c’est souvent le premier poste à évaluer.
La petite tuile plate : principe et défauts typiques
La petite tuile plate tient par un ergot accroché au liteau et se superpose largement aux tuiles voisines ; ses défauts courants sont le gel qui la fait éclater ou feuilleter, le glissement, la casse et l’encrassement par les mousses.
Posée sur des liteaux, chaque tuile ne laisse apparaître qu’une petite partie de sa surface : le reste est recouvert par les rangs supérieurs. Cette pose serrée explique le grand nombre de tuiles au mètre carré et l’aspect si caractéristique de ces toits. Elle explique aussi qu’une réfection soit un travail long.
Les tuiles anciennes n’ont pas toutes la même qualité de cuisson. Les moins résistantes absorbent l’eau et se délitent sous l’effet du gel : on dit qu’elles sont gélives. Repérez depuis le sol les zones où les tuiles semblent rongées, plus claires, ou où des fragments sont tombés dans les gouttières.
Les mousses et lichens sont fréquents sur les pans exposés au nord et sous les arbres. Ils ne sont pas un défaut en eux-mêmes, mais ils retiennent l’humidité et peuvent soulever les tuiles. Un démoussage brutal au nettoyeur haute pression peut abîmer une tuile ancienne.
- Tuiles glissées laissant apparaître le liteau
- Tuiles cassées ou épaufrées
- Zones gélives qui s’effritent
- Affaissements ou ondulations du pan, signe possible d’un problème de charpente

L’ardoise naturelle : clous, crochets et vieillissement
L’ardoise est fixée au clou ou au crochet ; avec le temps, ce sont souvent les fixations qui cèdent avant la pierre, et les ardoises glissent ou tombent.
Une ardoise naturelle bien choisie vieillit lentement. Les désordres viennent surtout des fixations : clous ou crochets qui rouillent, se cassent ou se desserrent. Une ardoise glissée laisse un vide dans la couverture et se retrouve souvent dans la gouttière ou au pied du mur.
Depuis le sol, cherchez les ardoises manquantes, décalées ou fendues, les crochets visibles rouillés qui tachent la surface, les zones réparées avec des ardoises de teinte différente. Des ardoises qui se délitent en feuillets ou qui présentent des taches de rouille dans la pierre peuvent être de moindre qualité.
Dans les combles, une couverture en ardoise posée sur voliges ou sur liteaux laisse voir le jour à travers les vides : regardez les traces d’eau sur les bois et la présence éventuelle d’un écran sous toiture.
Faîtages, rives et solins : là où l’eau entre
La plupart des infiltrations sur une toiture traditionnelle ne viennent pas des tuiles ou des ardoises courantes, mais des points singuliers : faîtage, arêtiers, rives, solins contre les murs et les cheminées.
Sur les toits en petites tuiles plates, le faîtage est souvent fait de tuiles faîtières scellées au mortier. Ce mortier se fissure avec le temps et laisse passer l’eau, qui s’infiltre directement sur la panne faîtière. Les rives, bordures latérales du toit, sont également scellées et vulnérables.
Sur les toits en ardoise, les faîtages peuvent être en zinc, en terre cuite ou en ardoises disposées en lignolet. Chaque solution a ses points d’usure. Les solins, qui assurent l’étanchéité entre la couverture et un mur ou une souche de cheminée, sont des points d’infiltration fréquents quel que soit le matériau.
Dans les combles, une tache sous le faîtage, une panne noircie ou des traces d’écoulement le long d’un conduit de cheminée orientent vers ces défauts. Leur réparation est souvent moins lourde qu’une réfection, à condition d’être faite à temps.

Tuiles mécaniques, fibres-ciment, ardoises synthétiques : repérer les remplacements
Beaucoup de couvertures traditionnelles ont été remplacées partiellement ou totalement par d’autres matériaux ; il faut les identifier, car certains anciens produits en fibres-ciment peuvent contenir de l’amiante.
Au XXe siècle, des pans entiers ont été refaits en tuiles mécaniques, en ardoises de fibres-ciment ou en plaques ondulées, souvent pour des raisons de coût. Ces matériaux ne posent pas forcément problème, mais ils changent les charges sur la charpente, les pentes admissibles et l’aspect du bâti.
Les ardoises et plaques en fibres-ciment anciennes peuvent contenir de l’amiante. Le repérage amiante du dossier de diagnostics doit les signaler s’ils ont été examinés ; vérifiez son périmètre, notamment pour les dépendances. Leur dépose relève d’entreprises qualifiées et de règles spécifiques.
Repérez enfin les couvertures composites : réparations faites avec un matériau différent de l’existant, raccords maladroits entre deux types de tuiles. Ils trahissent souvent des interventions ponctuelles qui ont pu laisser des faiblesses.
Sous la couverture : pente, liteaux, voliges et charpente
Une couverture traditionnelle n’est saine que si la charpente qui la porte l’est aussi ; l’inspection des combles est indispensable pour évaluer l’ensemble.
Les petites tuiles plates et l’ardoise demandent des pentes fortes, d’où les grands toits de la région, parfois adoucis en bas par des coyaux. Une charpente qui fléchit fait onduler la couverture et ouvre des passages à l’eau. Le faîtage qui s’affaisse au milieu, les pannes qui fléchissent, les chevrons qui se déforment se voient depuis l’extérieur comme depuis les combles.
Dans les combles, regardez l’état des liteaux ou des voliges, souvent fragilisés au droit des anciennes fuites, et les pieds de chevrons sur les murs. Recherchez les traces d’insectes et de pourriture. Une couverture neuve posée sur une charpente fatiguée n’est pas une bonne nouvelle.
Si les combles ont été aménagés, l’inspection est plus difficile : l’isolant masque les bois. Interrogez le vendeur sur la présence d’un écran sous toiture et sur la ventilation de la couverture. Une isolation plaquée contre une couverture non ventilée favorise la condensation. Pour les maisons en pierre tendre, l’article maison en tuffeau montre comment une fuite de toiture se répercute sur les murs.

Lucarnes, noues et zinguerie : les raccords à surveiller
Lucarnes, noues, chéneaux et gouttières concentrent l’eau ; leur état conditionne directement celui des murs et des charpentes.
Les lucarnes sont omniprésentes sur les toits de la région : lucarnes en pierre à fronton dans le Val de Loire, lucarnes fourragères sur les longères berrichonnes, jacobines en bois ailleurs. Leurs jouées, leur couverture propre et leur raccord avec le pan principal sont des points faibles classiques.
Les noues, angles rentrants entre deux pans, reçoivent l’eau de deux versants. Une noue en zinc percée ou une noue en tuiles mal entretenue provoque des infiltrations souvent visibles dans l’angle d’une pièce sous combles. Les chéneaux encaissés derrière une corniche sont encore plus sensibles : obstrués, ils débordent à l’intérieur du mur.
Observez enfin les gouttières et descentes : pente, fixations, raccords, état du zinc. Une gouttière qui déborde régulièrement humidifie la façade et le pied de mur.

Refaire une toiture traditionnelle : les contraintes à anticiper
Selon la localisation du bien, le règlement d’urbanisme ou la proximité d’un monument historique peut imposer le matériau, la teinte et le mode de pose en cas de réfection ; ce point se vérifie avant l’achat.
Dans de nombreux bourgs du Centre-Val de Loire, les abords des monuments historiques et les sites patrimoniaux conduisent à soumettre les travaux de couverture à l’avis de l’architecte des Bâtiments de France. Le plan local d’urbanisme peut aussi prescrire des matériaux. Remplacer une couverture en petites tuiles plates par un matériau moins coûteux n’est alors pas toujours possible.
Avant de faire une offre sur une maison dont la toiture est fatiguée, renseignez-vous en mairie sur les règles applicables. Elles conditionnent le type de travaux, leur délai et leur coût. Le chiffrage relève ensuite d’un couvreur, sur devis.
Pensez aussi à l’isolation : une réfection de couverture est le bon moment pour isoler les combles, ce qui peut améliorer le DPE. Les choix doivent rester compatibles avec la ventilation de la charpente.
Examiner une toiture traditionnelle avant d’acheter
Depuis le sol avec des jumelles, puis depuis les combles avec une lampe, on peut déjà se faire une idée ; l’expert en bâtiment indépendant relie ensuite couverture, charpente et murs pour hiérarchiser les travaux.
Pendant la visite, faites le tour de la maison et regardez chaque pan, chaque lucarne, chaque cheminée. Montez dans les combles s’ils sont accessibles. Notez les traces d’eau et les zones abîmées. Demandez au vendeur les dates et factures des dernières interventions de couverture.
L’expert de Check my House examine la couverture depuis les points d’observation accessibles, la zinguerie, les combles et la charpente visible, et relie ce qu’il voit aux désordres des murs et des plafonds. Ses préconisations sont couvertes par une assurance décennale et son rapport certifié est remis sous 96h. Consultez le détail des vérifications et nos tarifs.
Nos experts interviennent dans toute la région, du Loiret au Loir-et-Cher : voir la page Centre-Val de Loire, ou appelez le 0 805 69 09 69.

Faire réaliser un bilan avant achat
L’auteur
Laurent Hojan, expert construction et bâtiment depuis huit ans, fondateur de Check my House, 1er réseau national d’expertise immobilière : plus de 65 experts en bâtiment certifiés et diplômés, formés notamment par l’OFIB. Les préconisations d’expertise Check my House sont couvertes par une assurance décennale.
Le tarif
Bilan avant achat ou avant vente, maison ou appartement : 650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m² supplémentaire. Déplacement 60 € jusqu’à 100 km, frais de gestion 50 €. Rapport certifié compris, remis sous 96h. Détail sur nos tarifs et méthode dans notre guide de l’expertise avant achat.
Près de chez vous
Check my House intervient partout en France et notamment en Centre-Val de Loire : Indre, Cher, Loir-et-Cher et Loiret. Le détail des vérifications présente chaque point contrôlé.
Questions fréquentes
Comment reconnaître une petite tuile plate d’une tuile mécanique ?
La petite tuile plate est un élément rectangulaire plat, de petit format, posé en rangs serrés qui se recouvrent largement, ce qui donne un aspect finement écaillé au toit. La tuile mécanique, plus grande, possède des emboîtements moulés en relief et se pose avec un recouvrement plus faible. Vue de près, la différence de format et de relief est nette.
Une toiture couverte de mousse doit-elle être refaite ?
Non, la mousse n’est pas en soi un signe de toiture à refaire. Elle retient toutefois l’humidité et peut, à terme, soulever les éléments et accélérer le gel des tuiles fragiles. Un démoussage doux et un entretien régulier suffisent souvent. Ce qui compte, c’est l’état des tuiles ou ardoises sous la mousse et l’absence de fuites visibles dans les combles.
Peut-on remplacer seulement quelques tuiles ou ardoises ?
Oui, une couverture traditionnelle se répare élément par élément, ce qui est l’un de ses avantages. Le couvreur peut remplacer des tuiles cassées ou des ardoises glissées en conservant le reste. La difficulté est de trouver des éléments compatibles en format et en teinte, notamment pour les tuiles anciennes. Des réparations ponctuelles nombreuses peuvent toutefois signaler une couverture en fin de vie.
Pourquoi des ardoises tombent-elles du toit ?
Le plus souvent parce que leur fixation a cédé : clou rouillé, crochet cassé ou desserré. L’ardoise elle-même peut aussi se fendre sous l’effet du gel ou d’un choc. Des ardoises au sol ou dans la gouttière sont un signal à ne pas négliger : chaque ardoise manquante laisse un passage à l’eau, et une ardoise qui tombe peut blesser.
Une toiture en fibres-ciment contient-elle de l’amiante ?
Pas forcément, mais certains produits anciens en fibres-ciment (ardoises, plaques ondulées) en contiennent. Le repérage amiante du dossier de diagnostics vous renseigne sur les matériaux examinés. Vérifiez qu’il couvre bien toutes les toitures concernées, y compris celles des dépendances. En cas de présence, toute intervention doit respecter des règles spécifiques et être confiée à des professionnels qualifiés.
L’isolation des combles peut-elle abîmer une toiture ancienne ?
Elle peut lui nuire si elle supprime la ventilation sous la couverture ou si elle est posée sans écran adapté : la vapeur d’eau de la maison se condense alors sur les bois et les liteaux. Bien conçue, l’isolation est au contraire bénéfique. Si les combles sont déjà isolés, interrogez le vendeur sur la composition et faites vérifier l’état des bois accessibles.
Puis-je choisir librement le matériau de ma future toiture ?
Pas toujours. Le règlement d’urbanisme de la commune peut imposer des matériaux, et aux abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial, l’architecte des Bâtiments de France peut exiger le maintien des petites tuiles plates ou de l’ardoise naturelle. Renseignez-vous en mairie avant l’achat si une réfection est à prévoir.
Comment savoir si une charpente supporte encore la couverture ?
Les indices se voient de l’extérieur (faîtage affaissé, pans ondulés) et dans les combles (pannes ou chevrons qui fléchissent, assemblages ouverts, bois attaqués). Une couverture traditionnelle est lourde : une charpente fatiguée finit par déformer le toit. L’expert examine les bois accessibles et vous indique si un charpentier doit intervenir avant ou en même temps que le couvreur.
La toiture est-elle examinée dans les diagnostics obligatoires ?
Non. Le dossier de diagnostics techniques ne comporte pas d’évaluation de l’état de la couverture ou de la charpente. Seuls certains diagnostics touchent indirectement la toiture, comme le repérage amiante ou l’état relatif aux termites dans les zones concernées. C’est l’un des intérêts d’un examen technique du bâti avant l’achat, réalisé par un expert indépendant.
Que demander au vendeur à propos de la toiture ?
Demandez la date de la dernière réfection ou des dernières réparations, les factures et le nom du couvreur, l’existence de fuites passées et leur traitement, et l’éventuelle isolation des combles. Si une réfection a été faite récemment, l’entreprise est tenue par une assurance décennale : obtenez son attestation. Ces documents vous seront utiles en cas de désordre après l’achat.
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